Monique face aux Serviettes (ex-Dynamo de Kiff, rebaptisés depuis l'achat de leur stade par un riche suisse ayant fait fortune pendant la 2ème guerre mondiale -n'allons pas chercher plus loin les raisons d'une surface financière suffisamment imposante pour avoir permis aux Serviettes de mener un recrutement cohérent et ciblé au mercato, tout en misant sur la stabilité), c'était un clasico, face à la 2ème plus ancienne équipe du championnat de Vincennes, celle face à qui Monique conquit (aux pénalties, souvenez-vous) son premier et -hélas- unique titre.
Clôturant la phase aller, il pouvait confirmer la montée en puissance des Very Reds et leur permettre, en cas de victoire, de prendre la tête du classement. Après 2 victoires probantes de solidité et de solidarité, mais pas toujours brillantes dans le jeu, l'heure était à la confirmation pour une Monique sûre d'elle, mais qui avait conscience du manque de fluidité de la circulation du ballon. Monique n'a pas de marge et le sait.
Un match à craindre face à un collectif bien huilé. Un match d'autant plus dangereux que Monique s'y avançait privé des éléments moteurs de son milieu de terrain : Kingsley, Guilhem et Tonio. Pas non plus de Jay pour faire le pit-bull devant la défense, ni de jokers type Guillaume Le Roy pour éclairer le jeu.
Monique amputée d'une bonne partie de ses poumons et de ses jambes, sa partie allait donc se jouer dans les coeurs et dans les têtes. On notera notamment les retours des anciens écartés "choix de l'entraîneur" Adel et Arthur qui, s'ils n'avaient tout de même pas du subir l'humiliation de jouer avec la CFA le week-end derniers, prenaient place sur le terrain avec une forte envie de démontrer qu'ils ont toute leur place dans le 11. C'est sur cet orgueil, cette rage de vaincre, qu'il fallait miser pour tenter d'obtenir un résultat : un nul, vu l'état des troupes, était acceptable ; mais pour l'obtenir, il faudrait y mettre les tripes.
Les forces en présence voyaient la ligne défensive habituelle s'installer, avec Charles-Arnaud-Mat et Tommaso prendre place devant Bruno, Aurel se poster devant la défense pour nettoyer les ballons, Balt et Adel pour animer le jeu après avoir récupéré les ballons, David et Armando sur les ailes et Lolo devant. Simon et Arthur prenaient place sur le banc, avec une envie non feinte de venir en découdre sur le pré terreux aussi tôt que possible.
Malgré un état d'esprit volontaire, les Rouges Sang commençaient le match comme à leur habitude : poussivement. Pas acharnés dans les duels mais, surtout, ayant toutes les peines du monde à ressortir le ballon, Monique était -comme on pouvait le craindre- acculée devant son but, recroquevillée dans sa moitié de terrain. Maîtresses du milieu, les Serviettes pouvaient lancer leurs flêches de devant, Yann et X qui plongeaient régulièrement et facilement dans le dos de Tommaso et Charles, pas du tout assez vigilants au marquage (à leur décharge, une volonté de monter pour permettre de dépressuriser un peu les milieux en leur apportant d'autres solutions et en diversifiant les soucis défensifs adverses...), Gauthier qui -même bourré- pesait et mettait la vigilance de la défense sous une pression constante. C'était dur, mais Arnaud et Mathieu tenaient la barque et Aurel se battait comme un mort de faim. Symboles des difficultés, Balt et Adel devaient jouer très bas et les attaquants devaient se contenter de miettes.
Symbole des difficultés moniquoises, le premier but venait évidemment ... Une touche côté droit de la défense moniquoise, Aurel fair-play part chercher le ballon, les Serviettes n'attendent pas son replacement pour la jouer, Mathieu manque son dégagement, Gauthier lui pique la balle et la donne à l'arrière droit Genevievois, étrangement libre de tout marquage au 2ème poteau, qui n'a plus qu'à la glisser au fond. Rage. 0-1.
Puis peu après, une relance mal assurée, plein axe, du gardien moniquois amenait une nouvelle sanction : Gauthier pressait le défenseur mis en difficulté et mettait une mine fracassante qui venait se loger juste sous la barre du but des Sang pour sang. 0-2. C'était mal barré.
Aux prises avec les pires difficultés dans le jeu, Monique ne renonçait toutefois pas, serrait les dents et n'oubliait pas qu'il y avait des possibilités. D'ailleurs, en 2ème mi-temps, le pressing des Serviettes se faisait moins intense et la balle circulait mieux côté rouge et Arnaud restait impérial en défense. Alors que Monique était mieux, un coup franc à 35 m du but, excentré côté droit, voyait notre Juninho à nous s'accaparer le ballon : "c'est pour un gaucher", cria-t-il fièrement. Et Arthur de loger une balle qui prenait beaucoup de hauteur, portée par le vent et l'enroulé du pied gauche, se loger dans la lucarne adverse. Brillant! A 1-2, Monique continuait d'y croire.
Mais les Rouges ne reviendront pas. Pourtant, Balt avait brillamment réussi à se mettre plusieurs fois en position de frappe -mais il était trop loin du but, Adel s'était mis carpette, David avait avalé des kilomètres, Lolo avait couru partout, Arthur était pied d'or et Armando avait cavalé, Aurel s'était même réessayé avec détermination à ses premières amours d'avant-centre... Mais, poussant de manière désordonnée, organisés de manière assez anarchique, les latéraux laissant souvent trop d'espaces dans leur dos, l'équipe manquant de punch et de vitesse, parfois de réalisme offensif, nous n'avons pas réussi à mettre ce but qui nous auraient permis d'arracher le nul.
Une défaite globalement méritée. Selon votre serviteur, il faut que nous nous interrogions sur notre incapacité à jouer lorsque nos leaders du milieu ne sont pas là. Même lorsqu'il sont là, d'ailleurs, nous nous reposons bien trop sur leurs hautes capacités physiques et leur technique bien au-dessus de la moyenne. Nous n'avons pas assez de mouvements spontanés et coordonnées (alors que si on regarde les Serviettes ou Benny, les automatismes sont là, le jeu est souvent renversé, la profondeur trouvée après des échanges en triangle...). Certes, il y a un problème physique : on remarque par exemple que les joueurs les plus déterminants de notre jeu ne fument pas et ne boivent pas, ou peu : David, Guilhem, Tonio, King, Arnaud. Nous avons aussi des gens, dont l'auteur de ces lignes, dont la technique est largement au-dessous de la moyenne. Mais nous devrions pouvoir compenser par un collectif huilé : si en défense et à la récupération de balle, lorsque tout le monde est bien concentré, nous sommes largement au niveau (en atteste le fait que Monique dispose de la meilleure défense du championnat de Vincennes), nous sommes bien trop dépendants des dribbles ou passes lumineuses de nos meneurs. Nous n'avons pas d'automatismes pour remonter le ballon et porter le danger devant, et nous ne progressons pas collectivement.
Et si on se forçait, avant les matchs, à travailler 15 minutes la remontée de balle sur chaque côté? Ce serait chiant, certes, mais la seule voie vers une progression collective qui nous donnerait des certitudes et de la confiance même en l'absence des cadors.
Monique est toujours vivante et bien placée, mais elle doit progresser, tant pour jouer le titre jusqu'au bout que pour, tout simplement, prendre du plaisir sur le terrain.
Captain Skopje
Classement (maj le 29/11)
lundi 6 avril 2009
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