
Un samedi de feu s’annonçait. Les Moniquois avaient sorti les tenues de gala pour cette rencontre placée sous le signe de la revanche face aux Serviettes. Humiliés au match aller, les Reds avaient à cœur de redorer le blason de l’écurie Monique en en passant par la vérité du terrain.
Les Rouges s’étaient parés de leurs plus beaux atours et faisaient briller les bijoux en attaque et au milieu. La défense, privée de cadre, s’apprêtait à vivre une entremise délicate.
Et dès les premiers instants, les Serviettes pressaient pour tenter de couper la chique aux Moniquois. Mais Monique, vieille catin roublarde, ne s’en laissait pas compter, signe que les temps ont bel et bien changé. Passant de la parole à l’acte, Monique déflorait les filets des Serviettes par une tête rageuse de King qui cassait l’élan d’adversaires médusés (1-0, 12e).
Les mac’ de Vincennes ne voulaient cependant pas laisser trop d’air aux hommes en rouge, et l’égalisation arrivait, bien plus vite que prévu, sur une belle action collective des Serviettes (1-1, 16e). C’est à ce moment qu’Adel, sur un jeter de jambe (digne d’une valseuse du Moulin Rouge) se déchirait le muscle isichio-anal. L’Apollon de Vincennes poursuivait son match, malgré la douleur, en boitillant, pour le salut de l’équipe. Les Serviettes, trop ravies de cette offrande, en profitaient pour prendre l’avantage sur un centre raté qui lobait Bruno (1-2, 32e).
C’est ce moment que choisi Antonio pour arriver et remplacer le valeureux Adel. Apportant sa fougue, Antonio apportait espoir et beau jeu, face à ses anciens coéquipiers. Il n’en fallait pas plus aux vieux guerriers pour jeter toutes leurs forces dans la bataille. David, véritable feu follet instopable, distillait des caviars et trouait les lignes des Serviettes. Guilhem, fer de lance, boutait les Bleu et Ciel dans leurs derniers retranchements. Dans un rugissement orgasmique, les Reds trouvaient par deux fois le chemin des filets !! Arthur, d’une reprise de gaucher des 25m lobait le portier (2-2, 57e). Un but d’anthologie dont les droits ont été rachetés par Canal+. Kingsley, qui ne se voulait pas en reste dans cette joute d’hommes, plantait une reprise / Exocet, droit dans les fesses de Serviettes médusées (King recevra l’amende de rigueur pour excès de vitesse, le ballon ayant été flashé à plus de 190 km/h en agglomération (3-2, 64e).
Le jeu était beau. Le jeu était grand. Monique s’était retrouvée dans un moment de grâce.
Menant au score, une fois n’est pas coutume, les Rouges poursuivaient leur marche vers une victoire qui ne pouvait leur échapper. La tension, paroxystique, rendait les joueurs nerveux. L’esprit se délitait et devenait même franchement à la limite de la correction. Les Serviettes, profitant d’errances défensives, se rappelaient au bon souvenir des Rouges en revenant au score (3-3, 77e).
Nerveux comme des puceaux avant la saillie, les Rouges commençaient à feuler puis à hurler, perdant leur concentration. Pourtant, la défense annoncée fébrile, résistait aux assauts incessants des Serviettes. Charles, Pitbull Macédonien enragé, dévorait les Serviettes qui venaient le taquiner ; Jul’ boutait à coups d’épaules les flèches bleues et blanches ; Tommaso faisait la nique en crochets pour assurer des relances dignes de ce nom ; Bruno, plug anal de Monique, ne laissait plus rien passer… Monique ne profitait de ces derniers instants de répit pour enfoncer le clou et envoyer le cuir valser, par deux fois, dans les entrailles des Serviettes.
Alea jacta est, se disaient les Dieux de Vincennes. Dans l’une des dernières actions du match, les Serviettes profitaient de la cacophonie ambiante pour crucifier Bruno, abandonné par une défense sur les rotules (4-3, 85e). Le sort en était jeté. Rien ne permis aux Rouge de revenir.
Certaines défaites humilient, d’autres font mal. Plier devant les Serviettes n’a rien de déshonorable, au vu de la qualité technique, tactique et physique des n°1 de Vincennes. Mais le goût amer de la défaite persiste dans la bouche de chaque Moniquois. La victoire était possible, la victoire était là. Tant de beauté dans le jeu, tant de cohésion, de détermination… la défaite était un bien bel échec, en ce samedi de joute.
Monique doit cependant tirer les leçons de ces 90 mns de jeu pur. La cohésion, l’accroche et la domination d’un leader, l’Union Sacrée… les piliers de Monique sont là et bien là.
Reste à persévérer sur deux points essentiels. Tout d’abord, nous devons arriver à passer 90 mns sans nous hurler dessus, surtout lors des moments de tension. Nous en sommes à 75 mns, un dernier tout petit pas est à faire. Le second point concerne le coaching. Capitaine malheureux, je ne peux proposer les meilleures rotations que grace à votre pleine et entière coopération. Sortir David dans le Money Time était une vraie boulette, que personne ne voudrait fumer. Je m’en excuse platement et vous demande, pour la suite, de me rencarder sur votre état de fatigue (le volontariat, ca marche !) ou sur des évidences qui m’échapperaient… Entraîneur, arbitre, défenseur… j’aurais besoin d’aide ;)
Tout ceci étant dit, le (plus que) positif est à conserver, au plus fort de notre esprit d’équipe, et nous serons Champions.
Alea Jacta Est !
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